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L’Association of European Journalists (AEJ) est née en 1961 et réunit un millier de journalistes, dans 24 pays d’Europe, convaincus de la nécessité de l’intégration européenne sur une base démocratique. Elle est dotée du statut d’ONG et reconnue par le Conseil de l’Europe et l’Unesco. La section française (AJE France) développe de nombreuses activités : séminaires européens dans les écoles de journalisme, prix Louise Weiss du journalisme européen, rencontres-débats en partenariat avec le CAPE

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Prix Louise Weiss : le discours de Jean Quatremer

Jean Quatremer, président de la section française de l'association des journalistes européens, bien que retenu à Bruxelles par l'actualité européenne, a transmis ce discours, diffusé lors de la remise du 5ème prix Louise Weiss.

 

"Cette remise du prix Louise Weiss, un prix créé en 2005 par la section française de l’Association des journalistes européens, avec le soutien du secrétariat d’Etat aux affaires européennes, intervient à un moment particulier de l’histoire européenne.

C’est, en effet, le soixantième anniversaire de l’acte fondateur de la construction communautaire, la déclaration Robert Schuman. C’est un moment de vérité pour l’œuvre accomplie depuis 1950. L’Union et la zone euro sont entrées dans une tourmente sans précédent qui met à l’épreuve la solidité de ses institutions, la volonté politique de ses Etats membres, de ses citoyens et la validité des choix opérés.

Car les gouvernements européens n’ont pas été capables de prévenir une crise pourtant prévisible faute d’avoir eu le courage d’aller plus loin dans leur intégration. Depuis Maastricht, peu de chose ont été accomplies, le rejet du traité constitutionnel européen par la France a marqué un vrai coup d’arrêt à la construction européenne. Le traité de Lisbonne n’a été qu’un cautère sur une jambe de bois, l’élan ayant été brisé comme le montre la crise actuelle.


Si les marchés attaquent aujourd’hui sans grand risque d’être punis, c’est parce qu’ils savent que l’Europe n’est qu’un grand marché, certes doté d’une monnaie unique, mais sans direction économique et politique unifiée.
Les Etats ont voulu préserver au maximum leur souveraineté, persuadés qu’une simple coopération intergouvernementale suffirait à pallier l’insuffisance des structures fédérales. Ils se sont gravement trompés : les engagements du pacte de stabilité n’ont pas été tenus, la stratégie de Lisbonne est un échec patent. La seule institution qui su réagir dans cette crise, ce n’est pas un hasard, a été la banque centrale européenne, l’organe le plus fédéral de l’Union (avec la Cour de justice).


En revanche, le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement a systèmatiquement été en retard, écopant comme il le pouvait, préparant la guerre précédente. S’il y a bien un échec européen, il est là, pas ailleurs.
Il a fallu attendre d’être au bord du gouffre pour qu’enfin, vendredi soir, les chefs se décident à franchir un pas supplémentaire en autorisant enfin le lancement d’emprunts européens et en lançant la réforme de la gouvernance budgétaire et économique européenne. Il est dommage qu’il ait fallu attendre le paroxysme d’une crise pour que les Etats comprennent que c’est en partageant davantage leur souveraineté qu’ils pèseront dans le monde. Car le prix à payer par les citoyens sera lourd. Ce soixantième anniversaire de la déclaration Schuman pourrait donc marquer la relance du projet d’intégration communautaire, qui ne s’achèvera que par la mise en place d’un véritable fédéralisme européen, même si le mot fait peur à certains.

C’est ce chemin chaotique, mais ô combien passionnant, qu’il revient aux journalistes d’expliquer aux citoyens.
Le journalisme européen que veut promouvoir l’Association des journalistes européens ne se résume pas au journalisme bruxellois, comme le montre la diversité des récipiendaires du prix depuis cinq ans. Ce prix Louise Weiss veut récompenser les meilleurs d’entre nous, ceux qui ont réussi, selon le jury, à faire progresser la compréhension des formidables enjeux de la construction communautaire, une construction qui passe par tous les Etats membres et futurs Etats membres. La construction de l’Europe, c’est aussi la construction d’une société, d’un espace politique, et d’une mémoire commune."

Jean Quatremer, président de l'AJE France

et correspondant de Libération à Bruxelles

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L
<br /> <br /> Votre discours est très beau et juste, sauf qu'il oublie l'essentiel: l'UE passe outre le désir de ses citoyens (référendum),  les appauvris par des réglèments et directives contraires au<br /> bien-être des millions d'européens, et ça tôt ou tard se retournera contre cette idée au départ généreuse, mais spoliée par nos décideurs de Bruxelles.<br /> <br /> <br /> On ne devrait pas construire cette Europe CONTRE les citoyens  mais AVEC eux!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bien à vous<br /> <br /> <br /> Léa<br /> <br /> <br /> <br />
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