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L’Association of European Journalists (AEJ) est née en 1961 et réunit un millier de journalistes, dans 24 pays d’Europe, convaincus de la nécessité de l’intégration européenne sur une base démocratique. Elle est dotée du statut d’ONG et reconnue par le Conseil de l’Europe et l’Unesco. La section française (AJE France) développe de nombreuses activités : séminaires européens dans les écoles de journalisme, prix Louise Weiss du journalisme européen, rencontres-débats en partenariat avec le CAPE

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Une délégation de l’AJE invitée à Taiwan

« L’autre » Chine se tourne vers l’Union européenne

Une délégation de représentants de l’Association des journalistes européens, au sein de laquelle figurait le président de la section française, Régis Verley, a été invitée à un séjour de découverte de Taiwan. Ils ont été reçus par le président de la République de Chine, et par de nombreux autres représentants du gouvernement.

Ce n’est qu’une petite île au milieu de la mer de Chine, grande comme la Suisse et peuplée de plus de 21 millions d’habitants. En un demi-siècle Taiwan est devenue une puissance économique reconnue dans le monde : plus de 85 % des ordinateurs portables, les deux tiers des noteboooks et un très grand nombre des appareils high-tech qui ont envahi notre quotidien y sont fabriqués. Devenu 17° pays du monde par sa puissance économique, renforcé par un taux de croissance annuel de plus 4,5%, Taiwan continue à rayonner sur l’espace économique asiatique, y compris sur la Chine puisqu’un tiers des investissements réalisés en Chine continentale sont le fait d’industriels taiwanais.



Mais cette puissance économique mondiale est un nain diplomatique, juste reconnu par une vingtaine de pays, mais par aucun des pays membres de l’Union européenne et absente des grandes instances de discussion mondiale : l’ONU et ses composantes. Ainsi Taiwan n’a-t-il pas été admis à participer aux débats de l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS, pourtant consacrés à l’évolution de la grippe aviaire sur l’ensemble du continent asiatique. Le problème concerne pourtant Taiwan, étape obligée de millions d’oiseaux qui croisent la mer de Chine, sans se préoccuper des frontières historiques qui séparent les deux Chine depuis 1949.
Taiwan se tourne aujourd’hui vers l’Union européenne avec laquelle elle espère nouer des liens de coopération plus réguliers. L’Union a ouvert un bureau commercial à Taipeh et maintient des relations commerciales importantes « il s’agit note Frédéric Lapalanche directeur adjoint du « European Economic an Trade office » à Taipeh, d’un marché largement sous-estimé par les opérateurs européens alors que les débouchés sont importants ». Sur le plan diplomatique Taiwan attend un meilleur soutien de l’Union, laquelle n’a pas, comme l’ont fait les Américains, soutenu sa candidature à un poste d’observateur à l’OMS.

Dans le club des pays démocrates ?

Une récente enquête menée par l’Office d’information gouvernementale a révélé que si les Européens avaient une bonne image des produits made in Taiwan ils ne connaissaient rien de ce pays. L’Office a ainsi invité une délégation de journalistes européens à visiter le pays et à rencontrer ses principaux responsables. Les représentants de l’AJE parmi lesquels le président de la section française Régis Verley ont, entre autres, été reçu par M. Chen Shui-bian président de la République de Chine, qui leur a rappelé le souhait de Taiwan d’être inclus dans le club mondial des pays démocrates. Récemment élu M. Chen Shui-ba doit composer avec une opposition traditionaliste qui a gardé d’importants leviers de pouvoir. Taiwan a engagé depuis un peu moins de dix ans un processus de démocratisation dont les effets sont aujourd’hui bien visibles. La campagne électorale pour les élections locales et régionales bat son plein et les signes de l’intensité pour ne pas dire de la violence du débat marquent combien les taiwanais sont engagés dans le processus. Plusieurs dizaines de journaux et une centaine de télévisions locales diffusent en continu une information souvent partisane mais libre. La démocratisation taiwanaise a été citée en exemple aux Chinois continentaux par le président américain Georges Bush, lors de son récent voyage en Chine populaire.



Dans ce processus de démocratisation accélérée, et de progrès économique rapide, l’ombre de la Chine populaire assombrit le tableau. Certes les relations autrefois complètement interdites ont repris. Le survol du pays par les avions commerciaux a été partiellement autorisé, les relations commerciales se sont intensifiées au point qu’un million de taiwanais travaillent sur le contient et que les industriels taiwanais investissent en masse en Chine continentale où ils trouvent une main d’œuvre bon marché et la possibilité de produire à moindre coût. Au prix d’ailleurs de délocalisations qui inquiètent les syndicats taiwanais encore peu puissants mais indépendants.
Sur le plan diplomatique, le blocage est complet. La Chine populaire maintien fermement son opposition à l’indépendance taiwanaise. Elle continue d’accroître au rythme de 10% l’an son budget et son potentiel militaire alors que, selon Taipeh, elle n’a plus d’ennemis qui la menacent. Les responsables taiwanais réclament aux européens et aux américains le maintient et le renforcement de l’embargo sur les armes livrées à la Chine. Les taiwanais aimeraient surtout obtenir enfin une reconnaissance internationale que leur progrès vers une démocratie à part entière justifie. Non reconnue par les instances internationales, interdite dans les instances onusiennes, y compris les instances plus techniques comme l’OMS, la République de Chine en appelle aujourd’hui à la communauté internationale. Même les journalistes taiwanais n’ont pu rentrer et suivre les débats de l’OMS ce qui donne la mesure des discriminations dont ils sont l’objet.

Régis Verley, président France AJE

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